Le théâtre du Siècle d'or / Le corral
   

Le corral

Lorsque le théâtre devient populaire en Espagne, vers le milieu du XVIe siècle, les grandes communautés urbaines se substituent à l'Église et à la royauté pour assurer la protection de cette activité artistique. Les confréries, responsables des hospices et des Maisons-Dieu prennent en main l'organisation des spectacles publics à des fins de charité et pour pourvoir aux besoins de leurs malades. Elles aménagent ainsi des cours intérieures, les corrales, dans les nouveaux quartiers des grandes villes. Ces lieux de théâtre se multiplient dans toute l'Espagne avec une étonnante rapidité et certains corrales deviennent de véritables institutions. En règle générale, le corral est donc un espace clos, pris dans la cour située entre des maisons. On installe, au fond, une scène et un dispositif scénique relativement réduit, fait de quelques toiles peintes pour les décors. Cette forme de théâtre à ciel ouvert permet aux troupes de jouer dans n'importe quelle ville ou village, d'adapter le lieu au nombre de spectateurs et d'accueillir toutes les classes sociales. Dans les corrales les plus importants, la disposition du public n'est pas laissée au hasard. C'est notamment le cas du corral de la Pacheca, à Madrid. Il est constitué d'un parterre où le peuple se tient debout, protégé du soleil par une bâche tendue entre les toits. Derrière le parterre, quelques bancs accueillent ceux qui ont payé un droit supplémentaire ; plus au fond, dans une sorte de loge, se retrouvent, ensemble, les femmes. Sur le côté droit s'ouvrent des balcons grillagés. Ces emplacements sont réservés à des amateurs éclairés qui louent, parfois pour toute la saison, la chambre attenante. Au-dessus de la scène, dans un espace préservé des regards par un treillis serré, se tiennent le roi et ses invités.

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