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Charles
Quint (1500-1558)
Charles Quint
est né à Gand, aux Pays-Bas, en 1500. Fils de Philippe Ier le Beau,
et de Jeanne la Folle,
il hérite d'un empire immense de telle sorte qu'il est tout à la
fois empereur germanique, prince des Pays-Bas, roi d'Espagne et
roi de Sicile.
De fait, ses grands parents maternels, mieux connus sous le nom
de rois catholiques,
lui lèguent l'Aragon, la Sicile, Naples
et la Sardaigne, ainsi que Grenade, La Castille, la Navarre et les
Indes occidentales. Du côté paternel, il reçoit de sa grand-mère
Marie de Bourgogne,
la majeure partie des Pays-Bas et la Franche-Comté, et de son grand-père
Maximilien de Habsbourg,
l'Autriche, le Tyrol, la Carithie, l'Alsace et le titre d'empereur
du Saint-Empire Romain Germanique. À cet héritage conséquent,
il ajoute, par ses propres conquêtes, Milan, Tunis, le Mexique,
le Pérou, la Bohème, la Moravie et la Silésie, et règne, pendant
une quarantaine d'années, sur l'un des plus grands empires qui ait
jamais existé. Ce gigantesque territoire est cependant une source
perpétuelle de contradictions et de multiples questions l'assaillent
en permanence ; en effet, comment protéger la partie orientale de
son empire contre les Turcs de Soliman le Magnifique,
et, défendre aussi, à l'autre extrémité de l'Europe, l'Espagne contre
l'Afrique du Nord ?
Comment être roi d'Espagne et empereur du Saint-Empire ? Comment
être accepté par le peuple espagnol en tant que monarque, lorsque
l'on parle essentiellement français ou flamand ? Comment enfin,
se faire le héraut de la religion catholique tout en régnant, en
même temps, sur une grande partie des protestants ?
Devant la complexité de la situation et une telle distribution géographique,
Charles Quint doit opter pour une Cour itinérante et il devient
autant un étranger en Espagne qu'en Allemagne.
Il passe une grande partie de son règne à lutter en faveur d'une
unité religieuse au sein de cet empire tentaculaire, seul moyen
de donner une homogénéité à un ensemble aussi disparate, mais il
ne parvient pas à l'obtenir tant les particularismes locaux sont
forts, et les conflits nombreux.
En définitive, sa puissance jugée excessive par beaucoup est sa
plus grande faiblesse et il finit par abdiquer deux ans avant sa
mort en partageant son empire entre son frère Ferdinand Ier
et son fils, Philippe II.
C'est ainsi que se créent les deux lignées de Habsbourg,
l'une régnant sur l'Autriche et l'Allemagne avec Ferdinand Ier,
et l'autre sur l'Espagne et les Pays-Bas avec Philippe II. Ce dernier,
contrairement à son père, est profondément espagnol et il installe
enfin une Cour stable et un gouvernement permanent dans ce pays
qui vit, durant son règne, son grand Siècle d'or politique et économique.
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