L'Espagne au Siècle d'or

Au XVIIe siècle, l'Espagne vit un merveilleux Siècle d'or artistique, au même moment sa domination extérieure et son économie s'étiolent irrémédiablement. En effet, au siècle précédent, ce pays a connu son premier “ Siècle d'or ”, au sens politique et financier, celui qui l'a véritablement enrichi, alors qu'il dominait un empire immense en Asie et dans le Nouveau Monde, et qu'il possédait en Europe une partie des Pays-Bas et de l'Italie, ainsi que le royaume du Portugal.
Cependant, après la mort de Philippe II, au début du XVIIe siècle, l'Espagne est entrée dans une période de décadence autant politique que sociale et économique. Cette situation perdure tout au long du siècle, avec un pouvoir royal affaibli par des souverains médiocres ou désintéressés.
Philippe II
   
Or des amériques
L'or des Amérique, dont elle s'est enorgueillie et qui a fait sa gloire, continue à affluer dans le port de Séville, mais il enrichit surtout les autres pays européens auxquels les Espagnols achètent les produits agricoles et industriels qu'ils ne produisent pas eux-mêmes.
Le pays dilapide ainsi peu à peu ses richesses en important des matières premières sans pour autant se doter d'une économie autonome et compétente.
L'État est très centralisé et l'Église catholique extrêmement puissante et rigide.
La haute noblesse jouit encore de tous les privilèges et les grands propriétaires ne cessent d'infliger des impôts exorbitants à une population qui ne peut pas les payer.
   
Malgré l'effort de quelques favoris compétents et soucieux de maintenir ou redonner à l'Espagne sa splendeur et sa force passées, l'influence de la noblesse est telle que les réformes avortent systématiquement. À cela s'ajoute le refus des provinces autonomes de participer aux efforts de la Couronne.
Refus qui aboutira à la séparation définitive du Portugal et à celle, momentanée, de la Catalogne.
Enfin, la volonté de garder unies les deux branches de la famille des Habsbourg, celle d'Espagne et celle d'Autriche, ne favorise pas l'émergence de la péninsule ibérique en tant que nation.
Elle oblige même à des dépenses et à des luttes en dehors du pays, pour pouvoir conserver à tout prix le territoire des Pays-Bas et les liaisons entre Vienne et Madrid via l'Italie.
Cervantès
   
La cathédrale baroque par excellence.
cathédrale de Santiago de Compostelle
Par ailleurs, la France, la Hollande et l'Angleterre sont en pleine expansion et souhaitent profiter également des richesses de l'Amérique, en talonnant l'Espagne dans ses colonies et en pillant ses galions, l'obligeant ainsi à utiliser ces dernières richesses dans la guerre et non dans la modernisation de l'économie.
   
Malgré ce déclin catastrophique, les arts et les lettres continuent la tradition du Siècle d'or de Philippe II.
Le XVIIe siècle est le grand siècle du théâtre espagnol mais aussi des romans picaresques comme le très célèbre
Don  Quichotte
de Cervantes.
La littérature espagnole, tout comme la peinture et l'architecture, est fortement influencée par le mouvement baroque.
Ce siècle fournira à l'Espagne quelques-uns de ses peintres les plus inspirés tels Ribeira, Murillo, Zurbaran et
Velasquez.
Velasquez par lui-même
Les Ménines - Velasquez
Musée du Prado - Madrid