Le Festin de Pierre de Thomas Corneille / Thomas Corneille
 
Thomas Corneille (1625 -1709)

Né à Rouen en 1625, Thomas est de dix-huit ans plus jeune que son frère, Pierre Corneille. Leurs parcours se ressemblent. Comme lui, il fait des études de droit, devient avocat au Tribunal de Normandie et vient s'installer à Paris où il tente sa chance au théâtre. À ses débuts, il profite incontestablement de la notoriété de son frère mais il acquiert très vite sa propre célébrité car ses pièces remportent de retentissants succès. Dans les années 1650, il se consacre surtout à la comédie à l'espagnole, comme son frère et de nombreux autres auteurs dramatiques de l'époque, puis s'oriente vers la tragédie. Il y réussit brillament et son Timocrate l'encourage à continuer dans ce sens. Ses retours à la comédie sont ensuite plus épisodiques, bien que sa pièce, La Devineresse (qu'il écrit en collaboration avec Jean Doinneau de Visé) soit une comédie de mœurs parfaitement dans l'air du temps, à l'image de celles de Molière.
Thomas Corneille est un auteur productif. Entre 1660 et 1677, il écrit douze tragédies et tragi-comédies et celles-ci sont appréciées du public. Il a un talent certain, son écriture est habile et il sait rajeunir les vieux procédés. Son mérite est d'avoir réussi à conserver l'art de la tragédie dans une période où elle est moins populaire, attendant que Racine la renouvelle et la magnifie. Contrairement à lui d'ailleurs, Thomas Corneille puise la matière du tragique uniquement dans l'histoire et la politique, sans y mêler autant l'amour. À partir de 1677, il devient un des rédacteurs du Mercure galant, journal fort à la mode, fait de littérature et de potins mondains. En 1685, il entre à l'Académie française, succédant à son frère.
À la même époque, il donne une édition en cinq volumes de son théâtre revu et corrigé, puis il continue d'écrire des ouvrages consacrés aux arts et aux sciences, ainsi qu'un opéra.
Cet homme compte dans la vie littéraire de son temps envers laquelle il engage ses idées.
Ce n'est donc pas un hasard si la veuve de Molière, Armande Béjard, le choisit pour la réécriture du Dom Juan, alors interdit.
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