Le discours / Le raisonnement et Descartes
   

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Le raisonnement est, au XVIIe siècle, l'instrument de la connaissance, celui qui pousse l'homme à remettre en cause les idées reçues et à les analyser. En fait, encore secouée par les révélations humanistes de la Renaissance, la société du XVIIe siècle est en quête de vérité. Les découvertes scientifiques récentes la poussent à s'interroger plus profondément sur l'origine de l'homme et sur celle du monde. L'existence de Dieu ne suffit plus à justifier l'incompréhensible et une démarche philosophique accompagne de plus en plus les savants dans leur réflexion et leur recherche.
La science essaie de se faire entendre même si l'Église lui barre souvent le chemin forçant notamment, en Italie, Galilée
à renoncer à ses interprétations sur la rotondité de la Terre. Mais cette soif de vérité implique aussi un tâtonnement dans les méthodes pour l'obtenir.
Les théories et les débats philosophiques sont nombreux, avec des écoles de pensée distinctes et opposées. Pour les libertins, l'homme doit comprendre les lois de la nature et raisonner à partir de celles-ci sans faire appel à Dieu et sans trop s'embarrasser de toutes les complexités du monde. Pour les croyants, le raisonnement part de Dieu, mais il ne s'appuie pas sur les mêmes principes selon que l'on est, protestant, janséniste ou jésuite. C'est avec Descartes que la recherche de la vérité prend véritablement une autre dimension. Sans nier Dieu, il développe une méthode rigoureuse qui met la raison, et donc le raisonnement, au centre du débat afin d'amener l'homme vers la connaissance.
En phase avec son pays qui boude l'inspiration baroque, Descartes annonce le courant classique du XVIIe siècle, dans lequel rigueur et cohérence fondent la société. Dans son Discours de la méthode, il met en place des règles qui constituent un guide pour acquérir le savoir. Raison, analyse, synthèse et vérification sont les bases essentielles de sa méthode, bases qui définissent dès lors un esprit français que l'on nommera par la suite “ esprit cartésien ” tant il influence définitivement, en France, la manière de penser et surtout celle de raisonner.