La France de Louis XIV / Jean-Baptiste Colbert
   
Jean-Baptiste Colbert (1619-1683)

Jean-Baptiste Colbert est né en 1619, d'une famille bourgeoise de marchands et d'officiers du roi. Il entre au service du beau-frère d'un de ses oncles, qui le recommande à Mazarin dix ans plus tard pour en faire son homme de confiance. C'est ainsi que Louis XIV le découvre, l'apprécie et le nomme intendant des finances dès 1661 ; il devient, peu à peu, après avoir œuvré notamment pour la perte de Fouquet, son conseiller le plus proche. C'est un homme d'une puissance de travail hors du commun, doté d'un esprit méthodique et d'un sens de l'ordre. Ces qualités lui permettent d'abattre une tâche considérable, pendant plus de vingt ans, au service des affaires intérieures du pays. D'un caractère vaniteux et taciturne, il n'est pas sans avidité et profite de son poste pour amasser une énorme fortune qui profite directement à l'ensemble de sa famille, placée par ses soins, dans de nombreux postes d'Église et d'État. Ses réalisations sont toutefois exemplaires et il participe activement au redressement financier de la France. D'un côté, il s'acharne à diminuer les charges de l'État, et de l'autre il augmente ses recettes grâce à un meilleur rendement de l'impôt. Il tente par ailleurs de mettre en pratique des idées mercantilistes, proches de celles de l'Angleterre et de la Hollande, se basant sur le concept simple et efficace qui consiste à acheter peu à l'étranger mais à y vendre beaucoup. Pour cela, il développe la production, par le biais de manufactures d'État, comme celle des Gobelins (1667), qui travaillent essentiellement pour l'exportation. Il vise aussi l'augmentation du commerce extérieur en essayant de supprimer les intermédiaires, en favorisant la construction navale et en créant des compagnies de commerce dotées de monopoles d'exploitation, telle la Compagnie des Indes pour le commerce avec l'océan Indien et les Antilles, et la Compagnie du Nord pour celui avec la Baltique. Pourtant le colbertisme se solde par un demi-échec, mis à mal par les lourdes charges financières des guerres de Louis XIV et la difficulté de soumettre les artisans, les fabricants et les négociants réfractaires à l'intervention de l'État et à une réglementation systématique. Malgré tout, à sa mort en 1683, Colbert laisse la France avec des bases économiques modernes et solides et une tranquillité intérieure qu'elle n'avait pas connue depuis longtemps.
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