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Le
théâtre français au XVIIe siècle
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La comédie espagnole en France |
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La
comédie espagnole en France
Les
uvres littéraires et théâtrales de l'éclatant Siècle d'or espagnol
ont inconstestablement influencé le théâtre français du XVIIe siècle.
En 1629, Rotrou,
le premier, adapte une pièce de Lope de Vega
intitulée Sortija del Olvido qui devient La bague de l'oubli.
Cette comédie
renouvelle le genre en France, en empruntant ses ressorts aux Comedias
espagnoles, qui
se démarquent des procédés comiques habituels de la farce.
C'est ensuite Le Métel d'Ouville
qui introduit véritablement le théâtre espagnol en France. Connaissant
bien l'Espagne pour y avoir vécu sept ans, il monte, pour la scène
française, des pièces de Calderon,
Lope de Vega et Montalvan. Son frère, l'abbé de Boisrobert,
lui emboite le pas puisant dans les Comedias des mêmes auteurs auxquels
s'ajoute Tirso
de Molina et Rojas.
La comédie espagnole devient alors fort en vogue, et Scarron
est peut-être celui qui la servit le mieux.
Cependant, il ne s'agit souvent que d'une adaptation des comedias
d'origine. Les auteurs français les remanient, supprimant certaines
scènes, écartant ce qui leur paraît trop extrême mais
conservant les rencontres inopinées, les quiproquos plaisants, les
personnages et les situations piquantes. Ils souhaitent surtout plaire
au public.
Ceci est d'autant plus aisé que le romanesque et le pittoresque qui
rendent ces uvres si différentes répondent précisément à la
sensibilité du moment. La relation qu'entretient Pierre Corneille
avec le théâtre espagnol est plus profonde et durable ; elle devient
même réciproque. Avec Le Menteur, il adapte La Verdad sospechosa
de Ruiz de Alarcon,
puis il emprunte un acte au Palacio confuso co-écrit par Lope
de Vega pour son Dom Sanche d'Aragon et il interprète la comedia
en trois journées intitulées Las Mocedades del Cid de Guillen de Castro
pour Le Cid.
Mais Calderon l'imite à son tour et sa comedia En Esta Vida
todo es verdad y todo mentira vient de celle de Corneille Dans
cette vie tout est vérité et tout est mensonge. Entre ces deux
auteurs, on découvre une interaction donnant la priorité à des intrigues
fondées sur l'erreur et la méconnaissance de soi.
Molière est aussi très attiré par la comedia et
d'après l'inventaire qui a été fait de sa bibliothèque, il possédait
de nombreuses pièces des auteurs espagnols. De plus, si les comédiens italiens
se produisent dans les théâtres parisiens, les comédiens espagnols
de la troupe de Joseph de Prado, entretenue par la reine Marie-Thérèse,
jouent aussi en alternance à l'Hôtel de Bourgogne de 1660 à 1673 et
Molière figure à leurs côtés dans les fêtes royales.
Molière apprécie l'aspect héroïque des comédies espagnoles et en fait
sa propre adaptation en 1661, dans Dom Garcie de Navarre. Cependant,
il ne persiste pas dans cette voie car ce registre, trop sérieux
, n'est pas du goût du public qui préfère nettement son talent
comique. |
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