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Le
théâtre français au XVIIe siècle
/ La comédie |
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La
comédie
Au
début du XVIIe siècle, la comédie n'est pas très répandue en France,
alors que la tragédie
et surtout la tragi-comédie
se partagent les faveurs du public. En fait, il semble que les auteurs
et les spectateurs n'arrivent pas à imaginer un comique détaché des
traditions de la comédie latine et de la farce,
qui est d'ailleurs encore fort prisée. Il faut dire que les genres
ne sont pas totalement définis, et on retrouve aussi des éléments
comiques dans la tragi-comédie et dans la pastorale.
Les écrivains de l'époque, comme Pierre Corneille,
Rotrou,
Mairet
ou Scarron,
tentent d'introduire des formes nouvelles de comédies. Ils dessinent
les premiers contours
des comédies d'intrigue et de murs destinées à se démarquer
des tragi-comédies romanesques. Autour des années 1630, la comédie
est encore rare, même si certaines pièces aujourd'hui oubliées comportent
une matière comique très riche. Elle commence néanmoins à se faire
reconnaître, surtout avec l'introduction des comédies espagnoles
qui stimulent la création et renouvellent le genre. Les raisons qui
motivent le manque d'empressement du public sont diverses. D'une part,
la comédie est souvent vouée aux sujets communs et à des personnages
médiocres, alors que la tragédie se réserve les héros et les passions
nobles.
Mais surtout, le rire n'est pas apprécié par les autorités religieuses
qui le trouvent dangereux. En arguant que celui-ci dénote une absence
de charité chrétienne, l'Église le condamne et le qualifie
même de diabolique. La comédie n'est donc pas, par définition même,
en odeur de sainteté. C'est dans ce contexte, qu'il faut imaginer
le bouleversement apporté par Molière
lorsqu'il introduit un nouveau style de comédie sur les scènes françaises.
Non seulement il nourrit ses pièces de sujets et de matière qui lui
faisaient défaut, mais il ose surtout faire du rire l'élément-clé
de ses intrigues, affichant une hardiesse peu commune. À partir
des années 1659, il élargit considérablement le domaine de la comédie,
avec sa première création parisiennne Les précieuses ridicules.
Derrière des allures farcesques et une intrigue rebondissante, le
choix du sujet n'est pas anodin. Il met en scène une réalité sociale
et une actualité qui éveillent la curiosité du public de telle sorte
que le succès est immédiat.
Cette comédie touche à des choses très sérieuses sous le couvert d'une
bouffonnerie d'apparence et la Cabale
ne s'y trompe pas, attaquant violemment Molière. Il ne se laisse pas
impressionner et continue sur sa lancée, approfondissant son sujet
avec ses trois comédies suivantes Les Précieuses, L'École
des maris, et L'École de femmes. Cette dernière,
fort appréciée, déclenche un débat virulent et une longue querelle
entre Molière et des ennemis de plus en plus nombreux (mondains ridiculisés,
dévots, confrères jaloux, etc.).
Ces attaques révèlent surtout les questions sous-jacentes que posent
les comédies de Molière. Dans l'esprit bien pensant de l'époque, la
comédie n'est pas faite pour aborder des sujets sérieux car sinon
elle les déconsidère forcément et les rend ridicules.
Molière réagit face à cette conception étroite en souhaitant au contraire
ouvrir encore plus grand le champ des domaines couverts par la comédie.
Il a pour elle de grandes ambitions et, par son génie, il démontre
à ses contemporains toutes les possibilités alors inexplorées que
renferme ce genre. C'est ainsi qu'il transforme radicalement la scène
française et que naît la grande comédie , celle
qui atteint, sous l'âge classique, sa forme la plus achevée. |
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