| La France de Louis XIV |
| La France est gouvernée par Louis XIV pendant près d'un siècle, mais la période la plus marquante pour le pays, et la plus glorieuse, est celle qui s'étend de 1661 à 1685. En effet, monté sur le trône en 1643, alors qu'il n'a que cinq ans, Louis XIV ne commence véritablement son règne qu'en 1661, à la mort de Mazarin, règne qu'il entend d'ailleurs mener sans Premier ministre. |
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Ce roi, d'une intelligence supérieure, montrant une étonnante maîtrise de soi, un solide bon sens, une application au travail et un orgueil comme seconde nature, a une idée très précise de sa destinée et de son rôle : il se considère le lieutenant de Dieu sur terre . En se choisissant le soleil comme emblème, il inscrit ainsi sa monarchie sous le signe de l'absolutisme. Son autorité naturelle doublée d'un charisme évident servent ses desseins. Il devient très vite l'objet d'un véritable culte qui s'exerce dans le cadre de sa Cour, réunie à Versailles et modelée par lui-même afin de servir ses intérêts et ses plaisirs. |
| Homme
de goût et même de goûts fastueux, Louis XIV fait aussi de son règne celui
des Arts. Il protège les artistes, qu'ils soient des gens de lettres,
de théâtre, de musique ou d'architecture sachant qu'ils lui assureront
sa postérité. Loin du mouvement baroque, il impose au pays un style classique, plus en harmonie avec sa personnalité, la grandeur de son règne et son sens de l'ordre et de la discipline. Bien que gouvernant seul, Louis XIV s'entoure de quelques conseillers, peu nombreux, pris principalement parmi les bourgeois, se méfiant depuis la Fronde de la noblesse qu'il écarte peu à peu du devant de la scène. C'est avec la collaboration de Colbert, contrôleur général des finances, que Louis XIV réalise, à l'intérieur du pays, ses plus grandes entreprises. |
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Ils rétablissent tous deux l'ordre dans la nation, en conjuguant avec succès la surveillance des grands corps d'État, la réforme de la législation et le maintien de la tranquillité publique. Leur deuxième tâche, qui vise le rétablissement de l'équilibre des finances, reste cependant inachevée. Les succès économiques du colbertisme ne peuvent en effet compenser les dépenses militaires somptuaires tant l'armée est l'objet de toute la prédilection du roi. |
| L'esprit
de conquête et les vues ambitieuses de Louis XIV sont comblés jusqu'en
1684, lors de la
trêve de Ratisbonne. À cette date se situe le point
culminant de l'apogée français. Louis XIV est alors au faîte de sa gloire,
mais il utilise mal cet avantage qu'il transforme en provocation voulant
trop démesurément montrer à l'Europe entière qu'il peut en être le maître.
Comme le dit Saint-Simon : Ici finit l'apogée de ce règne, et ce comble de gloire et de prospérité. |
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Si
Louis XIV lègue à son arrière-petit-fils, Louis
XV, un royaume puissant et centralisé, la fin de son règne
est fortement marquée par une série de revers. Les frontières du pays
sont certes bien établies, mais ce dernier est au bord de la banqueroute,
épuisé par des années de guerre.
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