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![]() En 1669, Rosimond fait représenter, au théâtre du Marais, le Nouveau Festin de Pierre ou l'Athée foudroyé. |
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| À
cette date, trois versions françaises de Don Juan se sont déjà succédées
sur les scènes parisiennes, soit celles de Dorimon,
Villiers
et la pièce de Molière,
alors interdite, sans compter les versions des comédiens
italiens. Le sujet est à la mode et Rosimond le choisit justement pour être dans l'air du temps. La version qu'il propose, une tragi-comédie, emprunte donc forcément à ses prédécesseurs : il en fait une pièce à grand spectacle, c'est-à-dire une pièce qui utilise le théâtre à machines. Ce type de mise en scène, avec beaucoup d'ornements et de spectaculaires effets est alors très apprécié. Il s'explique d'ailleurs sans détour sur ses intentions et les raisons qui ont motivé son choix pour le sujet, dans son avis au lecteur : Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on t'a présenté ce sujet. Les Comédiens Italiens l'ont apporté en France et il a fait tant de bruit chez eux, que toutes les troupes en ont voulu régaler le public. Monsieur de Villiers l'a traité pour l'Hôtel de Bourgogne et Monsieur de Molière l'a fait voir depuis peu avec des beautés toutes particulières. Après une touche si considérable, tu t'étonneras que je me sois exposé à y mettre la main, mais apprends que je me connais trop pour m'être flatté d'en faire quelque chose d'excellent ; et que la troupe dont j'ai l'honneur d'être, étant la seule qui ne l'a point présenté à Paris, j'ai cru qu'y joignant ces superbes ornements de théâtre qu'on voit d'ordinaire chez nous, elle pourrait profiter du bonheur qu'un sujet si fameux a toujours eu. La pièce se situe en Andalousie. L'acte I commence par une discussion entre Léonor et le valet de Dom Juan, Carrille, durant laquelle ce dernier lui annonce le désintérêt de son maître pour sa personne. Décidée à affronter Dom Juan pour faire entendre sa cause, Carrille s'engage à le faire à sa place. Mais lorsqu'il retrouve Dom Juan, celui-ci a déjà l'esprit occupé par une autre conquête. Dans le dialogue entre le maître et le valet, on apprend alors que le père de Dom Juan vient de mourir, désespéré par sa conduite, qu'il a assassiné Dom Pierre, le commandeur de Séville, et que pour séduire ce même jour sa fille Oriane, il a dû aussi tuer son fiancé, Dom Bernard. Léonor apparaît alors et tente en vain de ranimer une flamme chez Dom Juan. Après l'avoir éconduite, il reçoit ses amis, Dom Lope et Dom Félix, avec lesquels il projette de partir, par bateau, en voyage. L'acte II s'ouvre sur une mer agitée d'où sort Carrille, rescapé d'un naufrage. Une jeune fille, Paquette, lui signale que ses trois autres compères ont déjà été recueillis par sa famille. Dom Juan trouve d'ailleurs l'accueil fort agréable puisqu'il lui offre l'occasion de séduire Paquette et sa sœur Thomasse. Carrille les avertit toutes deux de la fourberie de son maître. Dom Juan accompagne ensuite Dom Felix, et l'aide à enlever Dorinde, une jeune fille qu'il convoite, en mettant le feu au temple où celle-ci s'apprête à faire ses vœux. Carrille, caché pendant ce forfait, déclare alors à son maître qu'il souhaite le quitter, mais Dom Juan refuse sa démission et l'engage à le suivre pour un nouveau départ. Au début de l'acte III, alors que Carrille et Dom Juan sont en route, les deux sœurs, Paquette et Thomasse, les interceptent, et réclament à Dom Juan de tenir ses promesses de mariage. Celui-ci avoue ne pouvoir le faire, mais propose de les dédommager toutes deux d'une somme d'argent qu'elles acceptent. Puis, Dom Juan et Carrille croisent Dom Lope et Dom Felix, accompagnés de Dom Gaspard. Parent de Dom Juan, il vient de recevoir une lettre menaçante pour ce dernier, aussi il tente de le raisonner et propose l'asile aux trois hommes. Dom Juan décline cette offre, ne s'avouant pas inquiet, ni disposé à changer de vie. Poursuivis par les archers de la ville, Dom Juan, Dom Lope et Dom Felix réussissent à les mettre en fuite pendant que Carrille se cache pour se protéger. Leur cheminement les a, par ailleurs, conduits devant le tombeau du Commandeur. Dom Juan se fait lire l'épitaphe par son valet et lui demande d'inviter la statue à dîner. Celle-ci acquiesce de la tête. À l'acte IV, on assiste d'abord à un festin entre les trois amis, au cours duquel ils se réjouissent de la vie d'aventures qu'ils mènent ensemble et commentent leurs différentes conquêtes. Interrompant ce souper généreux et bien arrosé, qui remplit Carrille d'aise, l'Ombre de la statue fait son apparition. L'Ombre demande à Dom Juan et à ses amis de cesser leurs débauches et de se repentir. Tous trois se raillent de ses sermons et l'Ombre, pour montrer à Dom Juan que le châtiment divin triomphe toujours, foudroie Dom Lope et Dom Felix sous ses yeux. Il invite à son tour Dom Juan à dîner, qui accepte. Visiblement peu impressionné par les menaces de l'Ombre, Dom Juan enlève Amarille, fille de Rollin et femme de Thomas, au début de l'acte V. Manquant de courage face à Dom Juan, Thomas s'en prend plus aisément à Carrille que son maître vient secourir, in extremis. Désespérée par son honneur perdu, Amarille demande à Dom Juan de lui donner la mort mais celui-ci feint déjà de ne plus la reconnaître. Carrille et Dom Juan se rendent ensuite au rendez-vous donné par l'Ombre, et le valet tente une nouvelle fois de raisonner son maître qui se rit de sa morale et lui annonce même de nouveaux projets. Deux voix d'outre tombe, celles de Dom Felix et de Dom Lope, viennent avertir Dom Juan de sa fin, désormais très proche, et lui conseillent de se repentir, mais il reste inébranlable. L'Ombre, après un ultime discours, foudroie Dom Juan que rien n'a pu fléchir. Carrille demande que ses gages lui soient payés. |