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Domenico
Biancolelli
Né à Bologne
en 1636, Domenico Biancolelli est fils d'improvisateur. Comme c'est
alors le cas dans ces familles de comédiens, il devient acteur à
son tour. Son talent est indéniable et il se fait très vite une
réputation. C'est ainsi que, jouant dans la troupe de Tabarini à
Vienne, le cardinal Mazarin
le fait venir à Paris pour renforcer le théâtre des comédiens italiens.
Il n'a alors que vingt-cinq ans et il reste ensuite en France jusqu'à
sa mort en 1688. Agile et acrobate, au physique agréable et sachant
tirer parti de ses défauts, il choisit d'incarner le rôle d'Arlequin.
L'acteur et le personnage deviennent rapidement indissociables.
On dit même qu'il avait tellement accoutumé le public à sa voix
de perroquet qu'après lui, on ne peut plus admettre un Arlequin
avec une voix normale. De plus, c'est un mime admirable et la pantomime
tient dans son jeu, une place très importante. En dehors de ses
brillantes qualités d'acteur, Domenico est un homme d'esprit qui
plaît au roi Louis XIV. Ses réparties sont célèbres, telle
celle qui eut lieu un jour où il assistait au repas du roi, contemplant
avec envie un plat rempli de perdreaux.
Le roi dit alors :
Que l'on donne ce plat à Dominique
à quoi ce dernier aurait répondu :
Et les perdreaux aussi ?
Le plat était en or, mais le roi, confirma :
Et les perdreaux aussi.
Un autre jour, le roi assista à une représentation incognito et
se plaignit à Domenico de la qualité médiocre de la pièce. Ce dernier
lui dit alors :
Ne le dites surtout pas au Roi, il me ferait renvoyer.
Lorsque Domenico Biancolelli meurt à quarante-huit ans, la perte
de ce brillant artiste est telle, pour sa troupe, que le théâtre
reste fermé pendant un mois, en signe de deuil.
Sa disparition est aussi vécue avec douleur par son public et il
est certainement, avec Tiberio Fiorilli qui incarnait alors Scaramouche,
un des meilleurs exemples du rayonnement de la Commedia
dell'Arte en France.
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