| |
 |
Le
théâtre en Italie au XVIIe siècle
/ La
Commedia Sostenuta |
|
|
|
|
La
Commedia Sostenuta
La
Commedia Sostenuta ou Erudita est un genre
théâtral qui se développe durant la Renaissance italienne. Cette comédie
est en fait une forme intermédiaire entre le théâtre savant des anciens
Grecs et Latins, et
la Commedia dell'Arte.
Dans une certaine mesure, c'est elle qui effectue le passage entre
la comédie antique structurée et traditionnelle, et celle d'improvisation.
Ses auteurs, qui connaissent alors parfaitement leur héritage classique,
empruntent à Plaute,
Térence
ou Ménandre
leur construction faite d'un prologue et de cinq actes ainsi que le
schéma de leurs intrigues et leurs principaux personnages.
Partant de ces éléments de base, ils enrichissent ensuite leurs pièces
d'un développement romanesque qu'ils prennent à d'autres sources et
en particulier à Boccace,
et à son œuvre le Décaméron. De ce mélange, ou de cette synthèse,
entre sources antiques et modernes, naissent des intrigues truffées
de péripéties et de quiproquos. Enfin, ils greffent des sujets d'inspiration
contemporaine et adaptent les personnages latins à ceux de leur temps.
L'esclave devient le valet, le marchand d'esclaves se transforme en
entremetteuse, les soldats antiques sont remplacés par les capitaines
espagnols. D'autres types nouveaux apparaissent, directement puisés
à leur époque, tel le pédagogue ridicule, l'étudiant maladroit ou
le prêtre paillard.
De plus, en prenant dans la réalité qui les entoure l'inspiration
de leurs personnages, les auteurs leur font également parler leur
propre langue, c'est-à-dire souvent des dialectes, qui donnent plus
de relief à ces comédies et les inscrivent véritablement dans le quotidien.
Les auteurs les plus populaires sont Arioste,
et Aretin,
dont les pièces sont d'ailleurs reprises par le théâtre classique français.
Deux autres s'en détachent plus particulièrement avec des pièces qui
ne sont pas des imitations des Anciens et qui font date dans l'histoire
du théâtre italien. Machiavel
d'une part, qui donne avec La Mandragore une comédie pleine
d'ironie avec des personnages vigoureusement campés et un rôle de
femme rebelle qui échappe à la tradition. Ruzzante
d'autre part, grand réaliste qui illustre parfaitement la monde paysan
de son temps et écrit une dizaine de pièces dont La Moschetta
est la plus célèbre. Il fournit pour sa part, l'origine des dialectes
sur scène, et l'arrivée de personnages représentatifs du petit peuple.
Ces deux auteurs, en marge de la Commedia Sostenuta, font évoluer
la comédie italienne qui commence ainsi à prendre toute son originalité
et aborder des problèmes de son temps. Pour être accessible à tous,
et pour passer à travers les mailles de la censure, il ne lui manque
plus que l'impertinence et la drôlerie cocasse que la Commedia dell'Arte
va savoir imaginer. |
|