Les personnages de la Commedia dell'Arte

Les zanni
Les vieillards
Le capitan


Les vieillards n'incarnent pas le peuple des campagnes mais plutôt les citadins les plus extrêmes de l'Italie glorieuse. On y trouve ainsi le marchand d'un côté et le lettré de l'autre.
   
Pantalone, vient de Venise la commerçante. Il représente le vieux marchand retiré des affaires, tantôt avare, tantôt magnifique, souvent vaniteux, galant mais toujours dupé.
Il est habillé d'une longue robe de dessus, noire, appelée zimarra à l'image de celle que portent alors les marchands dans leur magasin, et qui ressemble à une robe de chambre. En dessous, il porte une veste courte ou pourpoint, de couleur rouge.
Elle est devenue noire à Venise, en signe de deuil, après la prise de Constantinople par les Turcs. La culotte et le bas sont d'une seule pièce, et ressemblent à de longs caleçons.
Il porte la barbe en pointe comme cela est d'usage.
Les Florentins, et tous les Toscans en général, s'amusent beaucoup de son dialecte vénitien, et le peuple de Venise ne l'épargne pas non plus en le chargeant de tous les ridicules.
Les anciens marchands passaient d'ailleurs pour être dévorés par le besoin de s'enrichir toujours davantage, et Pantalone les incarne tous à merveille. On le voit ainsi exagérer sa vie d'affairiste, toujours à guetter l'horizon pour apercevoir le galion chargé des soies et des parfums de Syrie qu'il revend à prix d'or.
Trop souvent, il raconte que la tempête ou le corsaire turc ont englouti son trésor, mais qu'il ne s'est pas découragé et qu'il s'est constitué peu à peu un trésor dont il sait la valeur.
Il soulève ainsi une grosse dalle dans laquelle est caché son butin.
Il donne à Molière l'idée de son personnage d'Harpagon.
Pantalone et un zanni
vers 1570-1580
   
Le docteur tiré de la comédie
italienne de Louis Molland
Il Dottore est son comparse, et les disputes entre ces deux hommes, lorsqu'ils sont réunis sur scène, sont fréquentes.
Il vient pour sa part de Bologne, ville universitaire, mère des belles lettres et des sciences. Son costume est exactement celui des docteurs de Bologne, fait d'une robe noire qu'ils portent à l'école comme à la ville. Dans la Commedia dell'Arte, il est parfois agrémenté d'une large fraise blanche autour du cou pour le rendre plus présomptueux. Il a également un grand chapeau tombant dont il plie et déplie les bords quand il l'enlève.
Dans son dialecte bolonais, pour son malheur fort drôle pour les autres oreilles italiennes, il inonde à tout moment son auditoire de son ennuyeuse culture, souvent hors de propos.

Dans le Il Convitato di pietra de Perruci, Pulcinella le lui fait remarquer ainsi (acte II, scène XIX) :

Pulcinella :
Cher beau-père, pour l'amour de Dieu, parle-moi romain, car avec ton accent bafouillé et emmêlé,
je n'y comprends rien !

On dit que lorsque le Dottore naquit, il ne cria pas mais proféra une citation latine un peu escamotée. Tour à tour philosophe, juriste, astronome, homme de lettres, diplomate ou médecin, il est en fait un pédant ignare dont chaque mot dégénère en ânerie.
Il prend son modèle parmi les lettrés de son époque dont l'engouement pour les lettres grecques et latines est tel, qu'il frise souvent le ridicule.