| Les personnages de la Commedia dell'Arte |
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Les
zanni
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| Les zanni
sont, en général, les valets et ils viennent du petit peuple. Ils en ont souvent les habits et stigmatisent leurs malheurs et leurs souffrances sous des travers grotesques. Ils sont essentiels à la pièce, qu'ils rythment par leurs interventions scéniques très codifiées même si leur improvisation est toujours très libre. En fait, l'intrigue ne peut pas se passer d'eux car ils en sont le moteur comique et satirique. De plus, leur drôlerie vient aussi de leur langage et de leur dialecte régional, qui est populaire et très coloré. |
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Andrea
Perrucci
définit ainsi le rôle des zanni en 1699 : Le premier zanni peut employer n'importe quel dialecte, mais il est ordinairement originaire de Milan, de Bergame, de Naples ou d'autres régions connues pour leur ruse, car la finesse du langage jointe à la balourdise est propre aux Napolitains et aux Bergamasques… Les seconds zanni parlent différents dialectes ; en Lombardie et dans la plupart des contrées d'Italie, on leur fait employer le langage des habitants des vallées près de Bergame… Le rôle du premier zanni est de soutenir l'intrigue et de brouiller les cartes… il doit connaître le sujet de la pièce comme ses cinq doigts pour pouvoir mener hardiment l'intrigue et inventer sans réfléchir… jeter en temps voulu un mot drôle mais sans sottise, afin de ne pas sortir de son rôle et ne pas enlever au second zanni ses niaiseries comiques. |
| Les zanni les plus connus qui ont traversé les âges et les frontières sont les Bergamasques, Arlequino et Brighella, et le Napolitain Polichinelle. |
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La
légende veut que les deux zanni de Bergame soient tous deux à l'image
de la réputation de la ville qui comporte, par sa topographie, une partie
basse et une partie haute. Arlequino, né dans la ville basse serait
sot et niais, alors que Brighella, né dans la ville haute, serait déluré.
Arlequino est, à ses origines, un loqueteux habillé de haillons rapiécés de multiples couleurs, portant une toque avec une queue de lapin ou de renard. Cette queue d'animal que l'on attachait à ceux que l'on voulait tourner en ridicule est une tradition de l'Antiquité. Il porte un masque noir et rond, garni de poils autour de la bouche et une verrue sur le front. On a parfois rapproché la couleur de son masque des traces de suie que portaient au visage les travailleurs du nord de l'Italie. Il est certainement un paysan émigré en ville, clochard, et qui cherche à travailler. Il est énigmatique. Son corps est plein d'agilité et on le voit souvent en contorsions savantes, furieuses ou languissantes. Ses terreurs sont amusantes et ses expressions faites d'audace, inattendues. Il incarne le serviteur opportuniste et éternellement affamé comme l'était alors le peuple des campagnes. Il évolue beaucoup au fil des temps et on le retrouve à Paris, incarné par le comédien Dominique Biancolelli en valet de Don Giovanni, dans sa version du Il Convitato di pietra. Il est alors devenu Arlequin, plus fin, fantaisiste et moins grossier, bien que toujours glouton et paillard ; son costume est plus élégant et les pièces multicolores déchirées se sont transformées en losanges réguliers. |
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Le
deuxième zanni de Bergame s'appelle Brighella, et il est le plus
inquiétant. Son masque olivâtre, ses yeux obliques, son nez crochu, lui donnent une expression cynique. Il est habillé en blanc avec des bandes d'étoffe verte et porte un béret aplati qui le fait ressembler à une marmotte de la montagne. D'ailleurs il incarne parfois, dans ses rôles, les montagnards en manque de travail qui descendaient en ville pour trouver un gagne-pain, comme celui de porteur de malles par exemple. Pour sa part, il vit d'expédients, de rapines et de petits boulots. Il sait se faufiler partout pour voler et tromper les gardiens les plus vigilants et il saisit toutes les occasions que lui laissent entrevoir la bonne fortune. |
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Débrouillard,
intrigant, cynique, parfois fin et rusé, il aime voler un avare ou rosser
un créancier. Son personnage ne se retrouve pas directement dans les
scénarios du Don Juan italien, mais il inspire les valets de la comédie
française du théâtre
classique et en particulier le Sganarelle
de Molière.
En revanche, Dorimon le met en scène dans son Festin de Pierre ou le Fils criminel et il est le valet de Dom Jouan, sous le nom de Briguelle. Arlequino et Brighella parlent, bien évidemment, le dialecte de Bergame. |
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Le
troisième zanni, Pulcinella vient de Naples ou plus exactement
de ses environs. Avec une bosse sur le dos et un gros ventre posé sur
ses deux jambes maigres, il a l'allure d'un poulet d'où viendrait peut-être
son nom. Pullus gallicaceus aurait ainsi donné Pullicinello puis
Pulcinella. Il est vif, spirituel, insolent et ironique mais aussi sot, lâche, flatteur et suffisant à l'occasion. Son allure est légère et dansante, ses gestes sont plus sobres que les autres zanni et il a une certaine lenteur dans la parole comme dans les mouvements. Son arme favorite est de prendre l'air niais. Il revêt le costume des paysans de sa région, composé d'une blouse blanche ample et serrée au-dessous du ventre par une grosse ceinture. Son pantalon, blanc également, est large et flottant. Sur la tête, il porte soit une immense calotte plate et blanche, soit un chapeau en forme de pain de sucre. C'est un épicurien dans le sens populaire du mot et il parle le napolitain. Ce personnage est très certainement celui qui est le plus repris par l'ensemble des pays européens. |
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Il
devient Polichinelle en France dès le XVIIe siècle et ressemble plus
alors à un officier gascon.
Il rencontre un immense succès en tant que marionnette. En Angleterre, il est Punch, plus féroce que son ancêtre napolitain, son ironie s'anglicise et, malgré sa bosse, il est le type de séducteur pour filles du peuple. Il s'appelle Hanswurst en Allemagne, et il amuse le public par sa lourdeur d'esprit et sa goinfrerie. Il est Tonellgey en Hollande et Don Christoval ou Pulichenela en Espagne. |
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| Coviello
est un autre type de zanni, mais il est moins fréquent. On le retrouve
comme valet de Don
Giovanni dans le Convitato
di Pietra
de Andrea
Perrucci. C'est un Calabrais d'origine, et il est caractérisé par ses grimaces et son parler macaronique . Il est subtil, adroit mais vaniteux. Il parle le calabrais et porte l'habit de son pays, qui comprend un pantalon et une veste de velours noirs décorés de galons d'or. Son masque a des joues cramoisies. |